Publié par : iferhounene | 16 mars 2012

Yaha Abdelhafid: un maquisard, une icone de la révolution algérienne

Yaha Abdelhafid : un maquisard de première heure, un politicien lucide et direct

Camp de la 2° compagnie du 6°bataillon de chasseurs alpins(iferhounène 1956-1962)
extrait_memoires_d_un_enfant_de_la_guerre.pdf

Ratissage et Embuscade : Iferhounéne et Tifilkout (Grande Kabylie)

  Il est né en 1933 à Thakhlidj Ait Atsou dans la commune actuelle d’Illilten faisant partie de l’ex commune mixte du Djurdjura. trés jeune il s’est engagé dans l’ALN,aprés s’être formé politiquement en militant auparavant dans les rangs du MNA

 il entrera en contact avec les plus célébres leaders révolutionnaire en particulier une personnalité légendaire : Amar Ath Cheikh. Il côtoie dans ses missions , Mohand Oulhadj qu’il connaissait parfaitement pour l’avoir comme collaborateur direct  dans sa position de responsable militaire de la région.

 Dans son village où il est né , Thakhlidj Ait Atsou, une partie de l’histoire de l’Algerie  du 19° siècle, malgré un parti pris déclaré de l’historien français et non moins grand chirurgien, nous sera rapportée par le Docteur BERTHERAND dans son ouvrage “campagnes médico chirurgicales de Kabylie” 1854, 1856 et 1857. Pour rappel, En effet c’est là précisément qu’une résistance farouche a été opposée par les villageois et des renforts kabyles venus des autres Arouchs des quinquigentianes, (les 5 peuples ou arrouchs) contre Les troupes du général Yusuf, du Maréchal Randon, et de l’armée de Bordj Tizi Ouzou où ils ont livré une bataille implacable contre cette armée coloniale  moderne, nombreuse et suréquipée de l’époque.

Dans cette région escarpée, un village blotti au flanc du Mons ferratus, lui confère une position stratégique qui la rend inaccessible à l’ennemi et qui offrait un refuge des plus sécurisés aux maquisards. C’est là d’ailleurs durant la dernière guerre de libération que Yaha Abdelhafid établit le siège de son poste de commandement.

canon+camions face djurdjura 2° fois.JPG

 Aujourd’hui, Yaha Abdelhafid, un héros de la guerre de libération, en fouillant dans sa mémoire, nous raconte les événements avec une fluidité que l’on ne  connait qu’aux gens authentiques, sincères, et intègres. il se souvient avec une clarté remarquable des images, des paroles, de la configuration des terrains d’opérations meurtrières, mais aussi des menus détails avec une placidité imperturbable. D’un calme  exemplaire, notre héros, raconte les événements sans interruption ni hésitations, tout en répondant à nos multiples questions, en pleine interview, quand on ne pouvait s’empécher de l’interrompre à plusieurs reprises, pour demander des précisons sur tels ou tels personnages, sur tel ou tel type d’armes utilisées, ou sur les bilans des opérations, accrochages  embuscades, coups de mains. Il reconnait ne pas pouvoir mettre sur son histoire de maquisard convaincu un calendrier. Encore moins une chronologie, tellement absorbé par sa foi de vaincre, de combattre l’ennemi où qu’il se trouve avec toujours l’idée qui ne le quittera jamais,  de se sacrifier pour le pays.  Son tempérament a fait de lui qu’il  n’admettra jamais de tomber entre les mains de  l’ ennemi, vivant et, se dit-il au fond de lui qu’il faut toujours attaquer, faire son devoir, puis mourir d’une balle sans donner la Possibilité à l’ennemi de se venger ou de tirer un quelconque bénéfice par la torture consécutivement à une eventuelle capture ,  s’ilvenait à tomber entre leurs mains. Des morts du coté de cet ennemi acharné, il reconnait en avoir fait . C’est la guerre, reconnait -il,  et il fallait donc tuer ou accepter de mourir et  laisser dominer, coloniser, asservir…. ses enfants par un dominateur exploiteur.  Il s’occupait de planifier les attaques, les embuscades, et reconnait  que pour mettre de l ‘ordre dans la chronologie  des éléments qui ont égrené sa carrière de chef militaire du FLN durant cette terrible guerre, qu’il n’y a pas de meilleur placé dans sa compagnie  que son collègue Mouloud, et qu’il faille s’en référer à celui-ci pour visiter sa mémoire prodigieuse riche en évènements. comme chacun a ses possibilités, ses dons, et que l’on ne peut être parfait dans tous les domaines. Mouloud, occupera comme tout  le monde le sait dans les trois communes, Ath Yetsoura, Ait illilthen, et Imessouhal,  qui constitueront la première APC  de l’indépendance un poste de travail à l’APC d’iferhounéne.

               Monsieur Yaha se souvient  de leur lieu de bivouac  à Tifilkout. Avec sa compagnie. il se remémore ces compagnons de guerre dont il avait une idée précise, une appréciation juste et complète . C’est l’endroit , dit il , idéal pour échapper aux ratissages et bouclages de toutes sortes des chasseurs alpins et des soldats ” étrangers” :

 1. on désigne par soldats étranger s, les éléments, de L’armée française qui ne figure pas aux effectifs du 6°BCA-2°compagnie campée à Iferhounene.les troupes étrangers au secteur ; sont les parachutistes, et autres .

 iI nous citera le nom d’un de ses compagnons, en l’occurrence Mahdi Mokrane qui opérait avec lui à partir de leur lieu de refuge à Tifilkout. Ce lieu très stratégique offrait de multiples possibilités d’échapper à l’ennemi en cas d’attaque, de ratissage

  A la tète d’une compagnie des troupes de l’ALN, il avait décidé d’organiser une embuscade au lieu dit Thikaathine, sur une position surplombant le village Ait El Mansour. Cette embuscade devait durer toute la nuit et ce n’est qu’à l’aube que l’ennemi devait se manifester ce jour,  mais avec des moyens et des effectifs, sans commune mesure avec la petite compagnie que dirigeait notre chef de section. La nuit s’était passée dans un calme plat et, dira t-il,   notre position stratégique, à l’endroit où nous avions choisi de tendre notre embuscade, nous pouvions observer minutieusement tous  les mouvements  des chasseurs alpins de la 2°compagnie du 6°bataillon des chasseurs alpins (BCA) campés à iferhounene…à environ 500 mètres  à vol et d’oiseau et 3 km  de piste sinueuse qui mène droit au camp, en empruntant le virage à gauche au carrefour de Tizi Bouirene. On pouvait tout voir, et même tout entendre à l’intérieur de cette cuvette posée sur les pitons  et cernée par la majestueuse chaine de Djurdjura. C’est au moment où les premières lueurs  du petit matin commençaient à étendre leurs poussières de lumières sur le ciel noir bardé du rideau de fer du Mons ferratus .Bte5 -femme guy 1960.JPG

 2.mons ferratus :littéralement :montagne de fer :rideau de fer: nom donné par les romains à cette chaine du Djurdjura ,  en raison de la résistance farouche et l’invincibilité légendaire des berbères lors des guerres que les conquistadors européens ont mené dans cette region.

Oon commençait à peine  à distinguer les formes massives et opaques  des collines,  des gros arbres devant nous, de la piste et des maisons avoisinantes,   qu’un long convoi de bahuts de gros gabarits approchait presque furtivement pour aller rejoindre le camp « logoda carmin » nom de code du camp d’iferhounène  posté sur un “épéron ” à peine à 150 mètres des premières mechtas du village iferhounene. Ces camions venus de Michelet  seraient envoyés de Tizi ouzou, nous signalaient  qu’un ratissage de grande envergure était en cours de préparation. il s’étendrait certainement sur plusieurs localités, de Tifilkout à Ait Yetsoura, en passant par le versant nord du mamelon de timezguida,  après avoir brassé toute la région d’imessouhal. Mais la stratégie de l’ennemi  nous apparaissait de plus en plus nette : ratisser large  en cernant tous les petits groupes que nous constituions, dispersés sur plusieurs  positions les unes plus au moins proches des autres.  Remarquant ce manège, je pris la décision d’alerter immédiatement nos compagnons  positionnés à Tifilkout  commandés  par Si Mokrane,  sur la situation nouvelle qui risquait d’évoluer dangereusement pour nos hommes en un laps de temps record. je leur recommandait, par message liaison, de quitter immédiatement leur lieu de refuge. La réponse de Si Mokrane qu’il me transmit par messager, je l’avoue, m’indiquait clairement  que celui-ci n’avait  pas encore réalisé  l’envergure des préparatifs et des intentions de l’ennemi. Elle était en quelque sorte un “wait and see”, alors qu’e nous n’avions dans de telles situations aucune seconde à perdre pour réagir. Laisser l’occasion  à des centaines de soldats, bien équipés,  de se déployer, pour leur donner l’avantage du terrain était pour moi, un acte suicidiare. ’étais à la téte d’une section avec le grade de sergent, nous savions aussi que le FLN ne pouvait aligner que quelques hommes commandés par un cadre de modeste hiérarchie contre une section commandée généralement de l’autre coté de la bataille par un lieutenant ou pour le moins sous-lieutenant, équipés de matériels sophistiqués leur permettant non seulement de lancer des offensives meurtrières mais aussi de tenir aussi longtemps possible. Et dans des cas d’extréme besoin ils n’hésiteraient pas à faire intervenir l’aviation  pour arriver aux résultats escomptés à moindres frais et risques pour leurs soldats appelés, jeunes dont beaucoup ne dépassaient guere 20 ans d’age et souvent inexpérimentés, non rompus au crapahut de ces montagnes au relief accidenté.

     La lumière du jour commençait alors à remplir l’horizon, et en regardant nos chaussures, on pouvait maintenant reconnaitre les couleurs et distinguer jusqu’à nos lacets. .subitement je compris que le rideau qui nous dissimulait  la vue sur  notre environnement est tombé de façon presque subite  et que l’on risquait de se faire piéger si l’on ne réagissait pas énergiquement et surtout très rapidement à cette situation. Dans des cas pareils, j’ai compris aussi que l’erreur pouvait être fatale.

A ce moment, nous apercevions une nuée de soldats déployés sur les minis plaines formant ce relief typique à cette region mitoyenne de la haute et majestuese chaine du Djurdjura . ils étaient, comme on-dit ici chez nous en kabylie,” plus nombreux que les arbres” et commençaient à s’éparpiller dans  toutes les directions,sur les flancs des collines qui nous faisaient face, cen un plan incliné comme pour nous exposer volontiers sa face à notre regard.D’autres groupes se dirigeaient vers une direction diamétralement opposée, derriére notre position ,pour venir nous prendre en étau, sans doute sans qu’ils s’en rendent effectivement compte de leur action, car n’ayant pas  eoncore pour le moment découvert notre cache. par la route carrossable qui mène vers Tizi Guefres, ils progressaient lentement, presque en dilettante, ignorant où et quand, un accrochage pouvait se produire d’un moment à l’autre. Nous nous trouvions au bout de quelques minutes pris en sandwichs entre les troupes qui se dirigeaient à contrebas de Tifilkout à l’ouest de notre lieu d’embuscade, et les éléments, qui derrière nous, contournant notre position que nous avions fixé à quelques mètres seulement du village Ait El Mansour non loin de La piste qui ira rejoindre à l’opposé celle empruntée par ceux qui semblaient faire mouvement vers tizi guefres. A ce moment, le mont de timezguida surgissant de l’obscurité en pointant nettement  son pic à 1800 mètres d’altitude. iL fasait une sorte de rideau qui  nous séparait de la piste qui ceint le mamelon de timezguida  dont sa base donne inévitablement sur notre position. Nous nous sommes trouvés, sur comme qui dirait une simple station sur un chemin de fer à voie unique, qui ne pouvait échapper à l’arrivée du train d’un moment à l’autre. Notre position était devenue donc un passage obligé de nos ennemis et ce n’était qu’une simple question de temps.

    L’objectif de cette opération de l’armée française était de réduire  à  néant les maquis de cette région très escarpée,  à Certains endroits mêmes inaccessibles. la cible de ce ratissage nous apparaissaient de plus en plus claire-les Ait Yetsoura dont le relief n’offrait aucune chance d’échapper en cas de replis des maquisards et les illilten blottis au flanc du Djurdjura, avec comme position avancée presque imprenable Tazrouts Ouamrane fournissaient aux “rebelles que nous étions pour la France, des échappatoires sécurisées. A la vue de ces préparatifs et du déploiement des forces ennemies; encerclés de toutes parts que nous étions, à un moment de la journée non propice à un repli discret, et donc n’offrant aucune sécurité, nous avions tous pensé que nous allions inévitablement vers une mort certaine: en clair c’etait l’extermination qui nous attendait , et ce n’était qu’une question d’heures voire de minutes. Nous nous trouvions en fait devant un fait accompli, résultant de notre initiative de tendre une embuscade à cet endroit très proche du camp, des renforts et préparatifs de l’ennemi, et de la levée du jour. Nous avions vite réalisé le danger, compris les enjeux, et évalué nos possibilités: dans des cas d’espéces, nous n’avions pas tellement d’alternatives. Soit nous rendre à l’ennemi, ce qui était totalement exclu , inpensable méme. soit nous lancer dans une bataille acharnée jusqu’au dernier homme, en essayent de tenter le diable pour causer le maximum de pertes humaines et matérielles à l’ ennemi. Nous avions donc décidé de passer à l’action et immédiatement , comme premiére dispoistion ,nous avions pris la décision de changer de position. j’avais pris position avec une partie de mes hommes  à proximité du village de Mnea , à quelques 200 mètres plus bas de notre position initiale . Alors qu’une partie de la compagnie composée au total de 35 éléments s’était postée sur le coté ouest du village dans l’éventualité d’un replis massif de l’ennemi sur cette zone très spacieuse qui offrait un terrain plat pour les soldats, qui seraient tentés de fuir les sources des projectiles , plus facilement, car le reste de la configuration du relief n’offrait aucune possibilité de circuler sans risquer de dégringoler sur un terrain tres escarpé pour finir dans le ravin qui se situe à plus de 1000 métres..

     La connaissance et l’analyse de cet espace sauvage , avec sa végétation  ,nous avait en effet donné raison, et on évoluait dans ce décor d’une nature austére comme un poisson dans l’eau. Nous  vivions ,il est vrai en parfaite symbiose avec notre mieux. Ce que les jeunes soldats français, pour la plupart citadins ne connaissaient guère pour se représenter le danger qui les guettait.

Apres analyse donc du terrain, nous savions qu’il fallait à tout pris éviter tout replis à l’est sur le village Ait Ouatas situé au bout de la piste qui part du village  Mnea  où se déroulait l’embuscade. Ait Ouatas ? c’est  le seul village  solitaire situé dans cette cuvette presque oblique en forme d’entonnoir coupé longitudinalement .la végétation y est très rare, et les arbres ne protègent que des endroits qui ne présente aucun intérêt stratégique pour un guerrier. le village lui même peut étre observé de la route carrossable qui le surplombe et d’où l’on y pouvait voir tous les mouvements  suspects.  l’aviation opère aisément tant pour le piper pour la visibilité que  le T6 qui à eu à intervenir à plusieurs reprises pour en éloigner nos maquisards qui tentaient souvent d’attaquer le camp de Agouni Adella caché derriere l’éperon de Boumessaoud ,unique village mitoyen visible à peine à partir de là .Du coté opposé, c’est à dire  vers le village Taourirt , à l’ouest de Mnea par contre , en s’approchant en quelque sorte tout à fait au pied du piton qui porte  sur son dos le village et le camp d’iferhounene,c’est un véritable champ de figuiers qui vous accueille et qui vous permet non seulement de prendre toutes les directions le cas échéant en cas d’accrochage  y compris pour remonter la pente sans risque de se faire canarder.

    Le temps passe vite et l’étau se ressert de plus en plus sur notre compagnie , que je décide de scinder en deux groupes.Le premier groupe que je commandait était posté juste au dessus des premiéres maisons du village . le second , commandé par Si Mokrane  sera lui, embusqué sur le flanc ouest de ce méme village. A peine les préparatifs  terminés , et nos positions occupées,les ultimes recommandations faites à nos soldats que  les premiers soldats ont commencé à pénétrer dans le village par le bas en empruntant la  ruelle principale. A ce moment précis, les femmes affolées étaient sorties de leurs maisons en criant «  ayimjouhadh, al aaskar athnidh dhithajmaath, fuyez !fuyez !maquisards les soldats (français) sont là, ils sont parvenus  à la djemaa). À cette annonce de l’arrivée des soldats ennemis, et l’imminence d’un dur accrochage j’eus cette réplique à l’endroit de ces femmes apeurées, aussi spontanée que la plus naturelle du monde. ” Et nous  alors ? Qui sommes-nous ? Ne sommes -nous pas des soldats (du FLN s’entend) ?vous allez assister aujourd’hui à un combat de vos propres yeux , enchainais-je sans me rendre compte de l’effet que cela allait produire sur ces pauvres femmes. Mon esprit envahi par l’imminence d’un dur accrochage, le temps n’était plus à mesurer ses mots. Le danger était réel, présent.Les premices des combats commençaient déjà à montrer leurs premiers effets sur notre comportement.  d’Adrénaline faisait déjà son effet  et les premiers soldats empruntant la ruelle principale quelques peu épuisés par l’effort fourni lors du parcours et du crapahut sur un relief escarpé la baisse de la vigilance aidant, le  déluge de feu  faisant le reste en s’abattant sur les premières lignes  de cette compagnie qui semblait s’étirer à l’infini.On se poserait la question de quoi etait composée cette compagnie des soldats français et de quelles réséreves disposeraient ils dans ces montagnes dépeuplées de ses populations et des animaux sauvages?

 les premiers ayant essuyé nos coups s’affaissèrent , le reste de la compagnie ‘s’était replie comme prévue sur le champ de figuiers , pensant sans doute leur procurer plus de visibilité et l’exposer à moins de risque. A ce moment ils étaient accueillis par d’interminables salves d’armes automatiques provenant du groupe de Si Mokrane dont les éléments étaient , comme je l’avais dit , postés  auparavant à cet endroit méme. Ce groupe de maquisards, était équipé d’armes automatiques et suffisamment nantis en munitions.

 Pendant  ce temps les femmes qui étaient venues nous avertir de leur arrivée, se sont vite terrés dans leur trou, ces maisons kabyles aux portes  lourdes, en bois grossièrement menuisé, et aux fenêtres  qui ressemblent à de petites bouches d’aération.

 De la position que j’occupais stratégique je dirais, non seulement je dominais la situation mais aussi j’avais pu analyser vite la situation et évaluer  en quelques secondes la puissance de l’ennemi : en effet voici ce qu’était avant déclencher un déluge de feu , l’état des troupes ennemies :armes à la bretelle, démarches détendues et peinant à avancer, absence de vigilance-les soldats n’avaient semble-t-il pas imaginé, en pénétrant le village rencontrer  un ennemi aussi coriace est surtout aussi solidement armé- en tirant, les premiéres victimes s’affaissèrent, seuls ceux qui n’étaient pas touchés par les premiers projectiles et la panique provoquée par l’effet de surprise ont pu se replier, mais comme nous l’avions prévu, sur le champ de figuiers qui s’exposa aux tirs nourris de mes compagnons . En ce moment , les femmes courageusement s’étaient mises  à sortir de leurs “trous” après les premiéres rafales d’armes automatiques pour s’enquérir de la situation- En voyant ce qui s’était passé elles s’étaient mises à pousser des “youyous “, cris stridents traditionnels qui marquent les moments et occasions de joie. En quelques minutes nous avions pu neutraliser l’ennemi qui certes ne s’attendait pas à un tel accueil de la part de ces kabyles montagnards et non moins rebelles, que l’on rencontre rarement sur son chemin, sous un soleil brillant. L’idée rependue chez les stratèges colonialistes, que de ce coté là les fellaghas ne sont à craindre que de nuit  a été ce jour remise en cause de façon fulgurante.il était vrai et presque notoirement admis que les camps des chasseurs alpins ne sont harcelés par les troupes du colonel Amirouche que de nuit, pour disparaitre ensuite très rapidement sous la couverture de l’obscurité compacte de la nuit.

 Apres avoir neutralisé à ce niveau l’ennemi, nous primes la direction d’ikhdachen, à l’ouest, nous approchant progressivement du pied du village Iferhounene et du camp Iferhounene à contre bas  à une altitude d’environ moins 500 mètres. Puis nous traversions la rivière qui serpente non loin des villages des Archs Ait illiten et de Ath Yetsoura.en quelques minutes ne nous retrouvinmes au village iguer Aouine puis Tazrouts Ouamrane . non loin de Tifilkout ou un deuxième accrochage était en train de faire rage entre nos éléments et ceux de l’armée d’ennemi qui avaient emprunté le chemin diamétralement opposé. A ce moment nous commencions étre visés à l’obus. Ceux, de soldats français restés a Thikaatine, bien exposés à notre nouvel emplacement, profitaient pour nous cibler au canon. ils pouvaient en effet aisément observer nos mouvements, et continuaient de nous pilonner. Ce pilonnage s’est soldé en fin de compte  par 12 tués de notre coté. Puis, ce fut au tour de l’aviation d’intervenir aux moyens de bidons de napalm. Pour revenir aux bilans de cet accrochage, je me dois de signaler que plusieurs gradés et des soldats ont été tués du coté de nos assaillants .

 Au passage d’un avion venu larguer ses bidons-un de mes éléments s’était mis attirer sans l’atteindre. ce qui avait permis à l’ennemi de nous repérer-une précison , nous avions remarqué que ce type d’avion qui descendait jusqu’a ‘à une altitude 400 mètres pour jeter ses bidons qui explosaient en dégageant une flamme de couleur violette avant de répendre son produit hautement dangereuse sur un rayon de 20 mètre environ . Au passage d’un avion venu larguer ses bidons, Achour Ait AISSA, un de mes compagnons continuait de tirer sur les t6 qui venaient a tour de role larguer leurs bidons r, sans les atteindre car ils étaient hors de Portée. Ce qui avait permis a l’ennemi  d’accenteur ses tirs sur mon groupe qui avait été touché dans son intégralité :

 Bilan  : 10 maquisards tués

 En ce qui concerne les pertes de l’ennemi , nous pouvons dire plus de 300 soldats entre gradés et hommes de troupes ont trouvé la mort.mais le secret dont étaient entourées les statistiques militaires du colonisateur, ne permettront jamais de confirmer ou d’infirmer ces pertes.Une chose est cependant acquise , que les pertes subies sont réelles et importantes.On saura , par contre , 50 ans apres la guerre , que des soldats français envoyés en Algerie , pour cette mission de ‘”maintien  de l’ordre ” ne seront jamais retrouvés et alors que d’autres sont recensés que morts pour la France.Il serait judicieux de mettre en place , à l’instar de la mission que s’est proposé de faire JAFFRES pour élucider cette question des pertes de l’armée française durant la guerre de liberation.Un travail utile est à l’heure actuelle sur le point d’étre finalisé par un chercheur algérien  et qui a pour objectif d’apporter une lumiére sur l’histoire du 6°BCA- qui a opéré en kabylie entre 1956 et 1962

 Les archives et les mémoires des survivants commencent à livrer leurs secrets pour ceux qui l’Histoire ne doit et ne peut étre enterrée, car c’est sur la passé qu’on construit l’avenir , et qui plus est ceux qui se sont sacrifiés ne l’ont pas été en vain.

    Le lieutenant CAPELLE , l’adjudant Cuvillier ou encore le descendant du Roi Philippe 1 °le lieutenant Francois d’orléans , ne seront certainement pas les seules victimes de cette guerre injuste ,mais  ceux à qui la France a rendu publiquement un hommage pour s’étre sacrifiés pour la France , mais pour quelle cause? combien de jeunes soldats sont morts dans l’anonymat , combien de jeunes  français  ne reverront plus leurs familles et qui seront restés méconnus ou inconnus?je ne parlerai pas des harkis qui ont choisi une cause s’il en était, mais qui , surement était perdue d’avance car injuste

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