Publié par : iferhounene | 8 avril 2012

Iferhounene: le voyage à travers les siécles

Escapade en Kabylie.
Le 6 avril 2012
Mon escapade fugace en Kabylie a commencé par un inextricable embouteillage au niveau d’Alger. Le compte à rebours de mon aventure ne veut pas commencer. Chronomètre bloqué par les services de sécurité qui dirigent la circulation automobile. Ou bien est ce l’insuffisance draconienne des infrastructures routières, malgré l’intervention musclée des chinois, des allemands, japonais, algériens mêmes pour enfin désengorger le nord de l’Algérie de ces bouchons casse têtes interminables, stressants et improductifs à tous points de vue. Ghoul se fait déjà vieux, retraitable anticipé et l’embouteillage est toujours là ?
Une idée a ressurgi de ma tête : il parait, selon un de mes amis, que des agents de l’ordre chargés de la circulation pariaient sur le plus long embouteillage. En effet, selon toujours mon même ami, deux agents de police se sont défiés à qui sera en mesure de provoquer le plus grand embouteillage d’Algérie.
Ils discutaient entre eux le « comment opérer » pour un exploit insolite mais le plus stressant pour l’automobiliste et le voyageur algérien: jugez-en vous mêmes chers électeurs du 10 mai 2012 :
« Ecoutes cher collègue ce que je vais te dire: j’ai réussi un jour à provoquer un embouteillage qui s’étalait de Thénia jusqu’à Boudouaou » dit l’un d’eux à l’autre qui n’a pas paru étonné outre mesure par cet exploit inédit mais pour lui de moindre envergure. En somme, des pipis de chat.
Et le deuxième flic de répliquer orgueilleusement en bombant le torse:
 » Et bien cher ami, t’es encore un bleu dans le métier! Et si je te disais que mon exploit dépasse de très loin le tiens? Un jour j’ai réussi à aligner des véhicules de toutes sortes ; les uns après les autres pare choc contre pare choc, de Boudouaou à Tizi-ouzou » ça te va comme ça?! »
C’est dire qu’en Algérie, les embouteillages sont devenus un jeu d’enfant, une occupation, un moyen de se payer un Guinness personnel, sans pub, ni popularité. Faut pas s’étonner un jour, en effet, si l’on affichait dans le canard enchainé, Nouvel Observateur ou Figaro ou encore un autre baveux de grande réputation  » le plus long embouteillage du monde, c’est en Algérie! »
Revenons à notre escapade, si l’on peut appeler ainsi cette fuite dans la nature.
Je file sur Tizi Ouzou, en prenant le volant de ma voiture à 10 heures du mat. A Si Mustapha, bourg où résidait dans le temps de la 8° promotion des diplômés DPGE de l’IMPED, mon ami Bouafed, un génie en finance de l’entreprise, je fis une halte pour me farcir un sandwich à l’entrecôte aux frites assaisonnées d’un soupçon de piment légèrement piquant. Ajoutez tout de même à cela l’accueil agréable du jeune serveur cuisinier.
Cap sur Tizi Ouzou.
A Tizi le brouillard était déjà là avant moi. Avec l’arrivée de ce barrage de taksebt, il y a toujours cette casquette humide qui couvre les Ait irathen – jadis Fort Napoléon.
A Mekla le brouillard se fait de plus en plus épais et Igouffaf, il était déjà si épais à couper au couteau. Résultat, je ne vois plus rien, visibilité quasi nulle, vous voyez ce que je veux dire à défaut de voir la trace du bitume qui tapisse la chaussée, je dus prendre une piste goudronnée qui ceint un mamelon comme une écharpe berbère, et je faisais la ronde sans me rendre compte pendant une bonne demi-heure. Demi-tour après une longue chevauchée, pour reprendre le bon chemin. Ah! Un instant ! sur une plaque de signalisation je lis « Ain El Hammam » je fonce en prenant rapidement de l’altitude comme si j’étais un pilote d’n Boeing 737 mettant pleins gaz, car ici comme à Larba , tous les chemins sont des chemins qui montent.
Ait Mellal plongé dans un épais nuage, le cimetière invisible, et Ait Ouahdouche, village qui vous fait face sur l’autre versant du mamelon de Timezguida, a disparu sous une écume blanche, savonneuse. les chasseurs alpins avaient immortalisé cette image d’un village ancien par une photo aux couleurs nuancées de la France comme pour nous laisser comprendre et faire croire à nos enfants comme à Iferhounene , nous sommes dans un village de France.
Fonçant toujours plus loin au cœur des quinquégentiens, je suis au sein des Ait Yetsoura, Iferhounene , ce village perché sur un éperon, qui a vu les troupes des généraux Randon, Jusuf et colonels Renault, Bataille déferler le 9 juillet 1857 où ils perdirent un des leurs avant de bivouaquer à Timezguida, juste le temps qu’elles pouvaient pour que guerriers de Lalla Fatma N’Soumer s’en chargent pour les déloger avec une férocité indescriptible. Le docteur Bertherand ne s’est pas empêché, même si sa fonction de chirurgien de la campagne de Kabylie 1855 et 1957 et 1858 ne l’y obligeait point, de relever la présence d’une femme dans les troupes igawawen, qui dit-il, appelait à vaincre l’ennemi d’une voix aigue, strident même, et vibrante en même temps.
Voilà pour l’histoire du 19°siècle, qui se répète en 1956 avec l’arrivée de la 2°Compagnie du 6°bataillon de chasseurs alpins dans ce village tranquille, pour « tuer tous les adultes jusqu’à l’âge de 15 ans et n’épargnant que les chiens qui rampent à vos pieds ».
Nous sommes à Iferhounene le 6 avril 2012 à 15 heures 30 minutes. Ce monde silencieux, muet j’allais dire, porte sur ses épaules toutes les misères du monde. Au cœur de la Kabylie où les enfants de moins de 15 ans se sont déjà résolus, précocement à mettre fin à leurs jours, las, désabusés par la vie stérile que minent leurs géniteurs, inconsciemment. Un geste trop adulte pour ne pas déranger la conscience des adultes. L’Etat algérien se porte bien. Les élections s’annoncent à petits pas mais sûrement. Les tractations de nuit, les complots, les ventes aux enchères publiques de voix d’électeurs, les européens, les américains, les arabes participent, qui de loin qui de près à cette foire, à ce festival, mais moi je ne suis pas sorti de l’auberge. J’écris, et je recours à l’ex colonisateur pour faire connaître mes mémoires. En attendant Khalida n’est pas trop attirée par mes histoires d’orphelin de guerre. Elle préfère, les poèmes pleins de rêves factices, les gravures délavées par le temps, les seins en l’air de nos africaines vivant la nature nue. Qui vous a dit que les américains, les canadiens, les English ou danois sont plus libertin que les africains? La liberté appartient aux gens de la nature, de la campagne, de la brousse, des forets vierges. Qui vous a dit que l’homme descend du singe? Erreur. Car l’homme a été de tous les temps un nudiste et c’est Adam qui a le premier revêtu son premier linge de la nature, une feuille d’arbres.
Les élections sont proches. Les islamistes avancent, les donquichottes donnent des leçons. Louiza Hannoune critique les partis qui viennent de naître. N’est ce pas là une fuite en avant. Comment peut-on juger un programme d’un parti qui vient juste d’avoir son agrément?!Faut être une Louiza Hannoune pour réussir cette prouesse.
Ahmed Ouyahia, a peur de la division du pays. Mhenni Ferhat constitue-t-il un danger pour l’unité nationale? Un certain nationaliste extrémiste, en tous les cas l’assimile à un harki, voire même à un sioniste. Voila une façon sure de provoquer la division du pays que cette condamnation sans appel de ce baveux électronique contre un fils de chahid. Oui, en effet Mehenni Ferhat est avant tout un fils de chahid. Un fils de chahid désabusé, marginalisé. Que demande le MAK? L’autonomie? C’est quoi l’autonomie dans un état fédéral? Est ce possible chez nous? Les langues arabes et berbères, ainsi que la française, sont elles un facteur de division. Le Canada, c’est quoi? Le Québec c’est quoi? que Dit Loraine Lagacé dans ses deux ouvrages  » Manoir Vert » et « Stratège »?
Mais le Canada n’est pas l’Algérie et l’Amérique n’est ni l’Europe, encore moins la France ou le monde arabe.
Cette Kabylie qui est devenue pour moi un problème. Faut-il la quitter pour de bon ou bien l’épouser à vie? Culturellement soit dit. Charnellement j’en descends et porte en moi les gènes positifs et négatifs, tares et qualités, misères et joies, amours et déception. Ma Kabylie! Ce territoire qui n’est en pas un, mais une idée, une lumière, une chaleur qui réchauffe mon cœur et mon esprit. Le cœur d’un réacteur atomique. J’ai peur de l’explosion. Rassure-toi Abdenour, la Kabylie était là, depuis la nuit des temps, elle est toujours là en 2012 et continuera d’être au de la des horizons futures.
Des guerres, des morts, des occupations de siècles durant: la Kabylie est toujours là, comme l’œil qui regardait Caïn, la conscience éternelle de l’éternelle histoire de l’humanité.
Retour sur Alger, vers 17 heures, le brouillard épais était toujours là, comme pour attendre mon retour sur la capitale. Impossible de prendre une photo avec mon appareil numérique par ce temps de chien. Je veux immortaliser mes escapades furtives, silencieuses, dans cette kabyle tranquille sereine, souriante, muette poétique par des images en couleur qui traverseront les cinq continents. Des âmes poétiques, amoureuses de belles choses, de la nature, des montagnes sublimes diront que cet homme voit ce que nous voyons, nous êtres sensibles, bien pensants, non violents, et humanistes. Cet homme est comme nous tous, qui détestons les conflits d’intérêts, les guerres coloniales, les colonisations de peuplement pour l’exploitation de richesses naturelles que Dieu a mis, sciemment, entre les mains d’indigènes, de sauvages; de peuples arriérés.
La Kabylie envahi par l’homme matériel, l’homme du jeu, l’homme du lucre et de l’épicurisme. Les bouteilles de bière les canettes, jonchent les bords des routes montagneuses. Le barrage de taksebt couronné par ces diverses bouteilles qui scintillent aux premiers rayons de soleil. Mais la prostitution ronge la Kabylie! Aussi. Le kidnapping, la drogue sont de venus le lot quotidien de cette douce suisse algérienne? Non! Ceux qui s’y adonnent allégrement sont venus d’ailleurs. J’ai vu moi même des bouteilles de bière surgir d’une fenêtre d’un véhicule immatriculé d’ailleurs que de cette région amazigh! La pollution, la drogue, le kidnapping, ne sont pas l’œuvre de nos montagnards! Ils en sont informés en même temps que tout citoyen algérien par voie de presse et internet. Le kabyle de la montagne n’est ni un drogué, ni un proxénète, ni un bandit, ni un ivrogne! Il subit cette dégradation impassible, impuissant, devant le seuil de sa maison. Son Nif est offensé. Il ne peut rien y faire car l’Etat dit-on est quelque peu responsable !

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