Publié par : iferhounene | 6 août 2012

Guerre d’Algerie : des harkis torturaient des enfants en cachette

iferhounène 1959: des harkis torturaient en cachette des enfants.

Posté par iferhounene le 22 août 2011 à 08:30 | Dans : algerie Iferhounène-1959 : Des harkis torturent des enfants 

nous étions en pleine période de l’opération jumelle. Le village d’Iferhounène occupé par les soldats français de la 2° compagnie du 6°BCA vers la fin de l’année 1956 où ils s y installent à proximité, à peine 300 mètres. Depuis, les jeunes ayant atteint l’âge mur se sont engagés dans les rangs de l’ALN. Si Hadj Mohand M’Barek, Si hadj Mohand Chérif, Si HADJ Mohand Ouahmed, Si Hadj Mohand Youcef, Aroua Mohand Oussalem, pour ne citer que ceux-là mais beaucoup d’autres, tous âgés entre 20 et 25 ans ont rejoint le maquis, qui avec son mousqueton, qui avec son colt, et qui, avec plus de chance, sa mitraillette, car ici en Kabylie et dans beaucoup de régions isolées, les armes sont gérées avec parcimonie. Maintenant il ne reste plus que les vieux, les vieilles et les enfants livrés à eux-mêmes, presque délaissés, dans ce village fantôme déserté depuis par les familles de fellaghas les plus récalcitrantes, impossible à pacifier. De ce fait les familles Si hadj Mohand, Aoura, Habchi payeront un lourd tribut pour s’être rangés du coté des combattants de l’ALN. L’école coloniale installée dans les baraquements de la SAS, section administrative spécialisée, accueille quelques garçonnets et fillettes malingres, sous- alimentés et se déplaçant pieds nus, hiver comme été ou tout au plus, avec des espadrilles parfois déchirées, des morceaux de tissus décolorés qui leur servent d’habits. Mais les filles n’ont pas pour autant acquis le droit de circuler librement. Et pour cause, le danger qui guette chacun ne cible pas seulement les garçons dans ce village ressemblant à ces hameaux que l’on peut rencontrer dans le sud de la Méditerranée il y a un siècle et où la faim et la maladie ne sont pas loin. Ainsi disaient nos grands parents pleins de sagesse, parlant du colonialisme « c’est le même bâton qui a frappé sans discernement notre chère patrie » en kabyle « yiwen ou aakouaz iguawthen thamourth » La petite salle commune aux villageois qui porte le nom de thakhamt thamouqrat-la grande maisonnette, comme il en existe dans les villages kabyles, sert souvent de lieu de rencontres pour les garçons, abrités en hiver des pluies et neiges, du froid, mais aussi des chaleurs torrides. Quand bien sur, cette maisonnette est libérée par les adultes après les réunions qui s y déroulent….devenues très rares en ces temps de guerre. Spacieuse, malgré le qualificatif qui donne à croire que sa surface est très réduite, cette maisonnette autorise des jeux comme ‘thiqar bouaaraven- les ruades arabes, la marelle, le saute-mouton ou encore quelques improvisations d’un jeune esprit espiègle kabyle. Oui, pour les garçons, le jeu de billes, mais aussi souvent quand la température descend à moins de 10 degrés, on y blaguait autour d’un feu de bois. Thakhamt thamoqrat est aussi l’endroit idéal de pause pour ceux qui viennent de loin s y reposer un moment et se réchauffer un peu avant de repartir loin pour un long périple. Pour les imsouqens venant d’autres villages comme Tikilsa, Taourirth Ali Ounacer, le marché du lundi » Michelet » aujourd’hui Ain El Hammam, est à pas moins de 10 kilomètres. Aujourd’hui il neige dehors. A l’intérieur de la maisonnette, pourtant point de feu. Le village est si appauvri par l’interdiction de s’éloigner trop de la portée de canon depuis que les soldats du capitaine Favier, remplacé plus tard par le commandant Wolf, le loup en allemand, y bivouaquent en permanence. Ils s y sont installés pour un temps indéfini. Nous étions plus de dix garçons tous en bas âge, venant juste de commencer à fréquenter, tardivement, l’école primaire coloniale. L’école de la S.A.S Ce jour, rassemblés en ce lieu commun du village, cette propriété communautaire, quand soudain, les deux harkis notoirement connus pour leurs sinistres agissements pourtant jadis nos conviviaux, firent irruption dans la petite pièce. Ils bouclèrent la sortie et empêchèrent tout gamin de s’enfuir. Tenues militaires, carabines aux poings, ils poussaient des cris effrayants en direction des créatures frêles que nous étions, déjà taraudées par la faim, le froid et la peur. Ils se mirent alors devant la porte et ordonnaient en dévisageant la physionomie de chacun, de sortir un par un : « Toi, sors … toi sors !….toi tu n’es pas concerné ! » La pièce se vidait progressivement et bientôt il ne restera que moi et mon frère à dans cette atmosphère glaciale à l’intérieur de ces quatre murs de pierres, en compagnie de nos deux « geôliers » YM et BM, qui bloquaient la sortie. Puis, les yeux remplis d’envie et de haine, s’approchant de moi, YM se mit à m’écraser les pieds déjà transis, à peine couverts d’espadrilles en toiles. Il m’enfonça son ongle tranchant dans les extrémités de mes doigts, entre la chair et les ongles de mes doigts tendres et fragiles, me menaçant de me tuer. Pendant qu’il me suppliciait, m’écrasant fortement les phalanges de ses grosses chaussures de soldats, ses ongles acérés s’enfonçaient dans le bout de mes membres supérieurs, Il me demanda d’une voix autoritaire mais qui cachait mal sa fébrilité, sa couardise, où se cachaient mes cousins Mbarek et Youcef ?! » – Je n’en sais rien, leur ai-je répondu. Ma réponse était sincère et comportait aucune ruse de ma part, d’autant plus à cet âge, je ne pouvais tenir un alibi ni même opposer une résistance à un adulte me menaçant de son arme de guerre. J’avais 9 ans et pour cause je ne pouvais savoir où pouvaient se terrer les maquisards? Il continuait à me torturer, mais le froid était tellement transissant que je sentais à peine mes doigts et mes phalanges les deux harkis finirent par abandonner la séance de torture non sans nous avoir traumatisés moi et mon frère. Nous quittâmes la grande maisonnette effrayés comme des lièvres pris en chasse. Nous nous sommes précipités comme des voleurs pourchassés, vers notre classe de cours. Là, nous nous dirigeâmes directement vers le poêle à charbon pour nous réchauffer car trop longtemps retenus sous le froid et de surcroît torturé comme des grandes personnes par ces deux comparses sans scrupules. La chaleur du poêle a charbon nous soulagea bientôt du froid mais un autre ennui, inattendu, surgit subitement : mes pieds et mes doigts ensanglantés commencèrent visiblement à enfler rapidement. Au bout de quelques secondes les extrémités de mes membres supérieurs et inférieurs se sont carrément métamorphosées et le sang coulait à flot. Me voyant dans cet état, Marcel, un soldat français qui n’était autre mon instituteur vint à moi, effaré et alarmé, s’empressant de connaître les causes de cet « accident ». Croyant effectivement à un accident il me posa cette question « Ouzine ! D’où est ce que tu as eu tout çà ?!! Il continua : « étais-tu tombé ou bien quelqu’un t’aurait battu ?! » Comme réponse, Marcel, notre petit instituteur n’a rencontré que le silence de mon intérieur transis. Je n’avais pas le courage de m’extérioriser, encore moins la force de décrire ce qui s’était réellement passé. Alors qu’il insistait autoritaire, pour me faire parler : « qui t’a fait ça ?! Tu vas finir par parler? » Il m’écartait du reste des élèves, comme pour les prendre à témoins. Les larmes aux yeux, je finis par avouer à mon maître d’école l’agression dont j’ai été victime. Sans m’attarder sur le récit, encouragé par la présence de cet adulte, je retrouvai ma sécurité, mon assurance. Un peu intimidé, je finis par lâcher brutalement les noms de ces odieux harkis qui nous avaient moi et mon frère séquestrés, torturés et menacés de mort : « c’est Y.M et B.M ! » Il n’avait pas fallu beaucoup d’explications à mon maitre d’école pour comprendre tout ce qui s’était passé. Je venais de tomber, moi enfant innocent, dans un guet apens de collabos qui pensaient me soutirer de précieuses informations au sujet des fellaghas. Mais je n’imaginais pas combien on pouvait être si méchant surtout quand on est adulte et de surcroit natif de notre région. Des harkis qui avaient l’âge précisément de mes cousins montés tôt au Djebel. Oui, Mbarek et Youcef sont de ma famille, ils ont rejoint le maquis, alors qu’ils auraient pu continuer à être les camarades de jeu, comme jadis, de ces harkis avant que ces derniers aient choisi l’autre camp, celui de la France coloniale. Mon maitre d’école avait tout compris, il n’avait pas besoin plus amples explications. Sur le champ, il interpella le chef des harkis, non moins violent que ses deux autres subalternes qui m’avaient réduit dans une situation de poussin paralysé : « Mouss… ! Viens immédiatement ! » De loin on pouvait entendre les décibels de la voix enragée de mon maître d’école, car le quartier de maisons dans lequel étaient isolés et entassés les harkis –puisque FSNA- du reste de l’armée française- puisque FSE- n’étaient situé qu’à quelque mètres de là. Mouss…. accourut, l’air effrayé, la mine grise et défaite, prêt à servir, comme le ferait un esclave mais hypocritement pour son maitre. « Ramène-moi YM et BM immédiatement » intima le petit soldat instituteur français au harki en chef kabyle A peine une minute s’était écoulée que les trois comparses se présentèrent devant notre enseignant. Ils donnaient l’impression, ces deux collabos et le chef devant les élèves de notre classe, de prévenus passant en audience pour délits graves. Ils passèrent immédiatement devant l’interrogatoire de notre maître d’école non moins sergent de l’armée française, un appelé enrôlé dans le 6°BCA, connu et estimé des villageois. S’adressant aux deux harkis d’une voix ferme et porteuse, avec l’autorité qui lui sied, malgré sa petite taille, le doigt accusateur : « c’est vous qui avez fait cette saloperie au petit ouzine ? » Sans attendre la réponse, Marcel, donnant l’impression de grandir de quelques centimètres dans cette scène pathétique, se mit à écraser de ses rangers les tibias du harki. Sachant qu’il ne pouvait trop lui faire mal s’il appliquait son talon sur la chaussure de son interloqué. « Ça fait mal ? » lui dit-il en ne dissimulant pas son irritation, ajoutant à celle-ci une pointe d’ironie. Ce n’était en fait qu’une introduction, un prélude. Moi qui pensais au fond de moi déjà que je venais d’être suffisamment vengé. Cette humiliation infligée aux harkis, n’était pas en réalité la juste valeur du prix à payer par mes bourreaux. Mais ce n’était pas tout et c’est méconnaître mon maître d’école pour le juger sur la douceur avec laquelle il traitait les enfants, ses écoliers. Brusquement, il se saisit d’une buche de bois dur de chauffage qu’il balança violemment sur la tête du harki qui le reçut en plein front. Le sang gicla illico de ce visage brun sans aucune expression d’intelligence. Il eut l’arcade de l’œil ouverte et s’en est sorti, tout de même à bon compte, car il venait sans aucun doute d’éviter le pire : la sanction militaire de l’armée française qui, nous le savions tous, ne s’est pas trop lamenté sur le sort des individus dénués de tout honneur et ayant troqué leur nationalisme contre la vie facile.pour ne pas dire la survie tout court. Sur ce, ils déguerpirent, tous trois, harkis individus étranges et sans nation, avec à leur tête harki en chef, de crainte d’attirer l’attention de tous les soldats humains et justes, sans doute pour s’éviter des jours de prisons, ils ont préféré subir et se taire. Depuis, ces pauvres harkis, cachottiers et enfantins dans-leurs gestes, mais néanmoins d’une méchanceté qui n’a d’égal que leur indigence morale n’oseront plus désormais approcher même des enfants, fils, frères ou cousins de fellaghas soient–ils

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  1. http://www.radio-alpes.net/playerra/?reportage=7946


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