Publié par : iferhounene | 7 septembre 2012

La formation de la nation algérienne : Conférences-débats du 26 mai 2012-Hotel Es safir

Conférence – débats sur la formation de la nation algérienne organisée le samedi 26 mai 2012 à l’hôtel Es safir par les éditions Barzakh  et le quotidien El Watan  et animée par MRS Addi Lahouari  (sociologue) et Hadj Nacer (ex gouverneur de la banque d’Algérie).La conférence est modérée par Mr Nourredine  Azzouz des éditions Barzakh  et reliée au réseau internet

 Les axes de réflexions proposées sont :

–         La centralisation des politiques des pouvoirs algériens

–         L’évolution des politiques islamistes en Algérie

–         Les conflits régionaux

 La conférence commence par l’intervention de Hadj Nacer ex gouverneur de la banque d’Algérie  qui, contrairement à toute attente commence par la problématique du « lien national » :  les trentenaires et quadragénaires algériens veulent tout recréer avec la tentation de faire table rase du passé. Méconnaître son passé est dangereux, nous devons connaître ce passé et le questionner pour raconter notre histoire commune, ne plus nous haïr  mais nous aimer et accepter l’autre.

Pour le sociologue Addi , le lien national qui présuppose l’existence d’une  nation est intrinsèquement lié à la spécificité historique de la création de l’Algérie .

Dans l’urgence, pour résister à la colonisation, la juxtaposition de communautés familiales se meut en Etat nation en créant une armée .C’est la  violence révolutionnaire qui crée l’Etat lequel  se résume à un exécutif fort pour une société imaginaire sans conflits appelé communément le peuple.

Impréparés, les gestionnaires ont été surpris par les exigences de citoyenneté des algériens qui se définissent par rapport à l’Etat en revendiquant leurs droits. Le « peuple » chéri par le président Boumedienne disparaît et devient un ensemble d’individus égoïstes face au marché .Mais pour que l’espace public ne se transforme pas en une jungle, son ossature doit être une justice et une administration fiscale toutes deux autonomes du pouvoir et non ses  appendices instrumentalisés en moyen de coercition contre les oppositions.

Dans une société non pas imaginaire mais reflet d’un processus historique, les corps intermédiaires sont les associations, les syndicats et les partis politiques et non le DRS.

Selon Hadj Nacer, l’Algérie, a eu durant de nombreuses années le taux d’investissement le plus élevé au monde par rapport au PNB et pourtant elle a échoué.        

Cet échec s’explique notamment par l’utilisation de la rente pétrolière qui finance le fonctionnement de l’Etat dont les salaires du  postier et de  l’instituteur, alors que ces dépenses ordinaires devraient être financées par l’impôt qui, dans une économie moderne lie contractuellement l’individu à l’Etat.

L’impôt est également détruit à la source par la corruption, le marché informel et surtout l’absence de production de richesses.

Mais la rente pétrolière n’est pas une malédiction et elle n’empêche pas l’Arabie Saoudite d’exporter plus que nous. En fait peu importe le choix que l’on fait, il faut de la cohérence. Rendre l’accumulation licite, définir l’équilibre des pouvoirs puis faire les choix en toute transparence. A ce titre, selon le conférencier, le pacte des 50 mesures proposé dernièrement par le patronat ne pose pas les vrais problèmes et peut s’apparenter à une demande pure et simple du partage de la rente     

Aujourd’hui, le sociologue constate que le pouvoir exécutif centralisé étouffe et se coupe de la société .Il faut dit-il repenser l’Etat sur l’anthropologie de l’Homme mauvais qui dans une société moderne est exclusivement redevable face au droit et non l’Etat. A contrario l’anthropologie de l’homme bon

(Rousseau) abouti au fascisme quand tous sont réputés frères et que les individus qui ne le «seraient » pas doivent être éliminés.

A la question d’un internaute sur les solutions envisagées, les deux conférenciers considèrent que la seule institution « debout » en Algérie est l’armée. Les algériens aiment leur armée quand elle ne se mêle pas de la presse des syndicats…… .Cette armée doit reposer sur une nation forte dotée d’une économie performante, créatrice de richesse par le travail (et non les hydrocarbures) et d’une université productrice de savoir.

Dans cette société moderne, le suffrage des vivants est la source du pouvoir et  non l’instrumentalisation des martyrs qui ne sont pas un fonds de commerce mais qu’il faut absolument respecter.

A la question sur l’évolution des partis islamistes, Mr Addi considère que les partis islamistes confrontés  à la réalité ne peuvent pas arrêter le processus de sécularisation qui avance inexorablement ; et pour illustrer son propos, il rappelle que pour les algériens la misère n’est plus une fatalité mais le résultat de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Les partis islamistes qui  arrivent au pouvoir après la longue nuit des dictateurs, se banalisent et doivent répondre  aux exigences de leurs électeurs.

Les islamistes doivent respecter les citoyens libres, des croyants libres ainsi que l’égalité hommes –femmes en dépit du fait que pour des raisons historiques liées à la colonisation, les algériens sont réfractaires à la laïcité.

 Dans la même veine, Mr Hadj Nacer souligne que l’article 2 de la constitution « l’islam est la religion de l’Etat »détruit la religion qui devient redevable de l’Etat et donc du pouvoir temporel. En fait le wahhabisme brutal transformé en terrorisme attaque le passé et tente de créer des hiérarchies artificielles pour prendre le pouvoir et gérer les richesses comme l’OPUSDEI .La course au pouvoir des frères musulmans, les fatwas d’El karadaoui pour occuper des territoires en sont les illustrations.

La religion ainsi instrumentalisée pour accéder au pouvoir se réduit au formalisme.

A la question sur l’absence du terme « citoyen »dans la langue arabe et qui appartiendrait exclusivement à la culture occidentale, Mr Hadj Nacer répond que rien n’empêche de créer le mot équivalent pour décrire une aspiration universelle et qu’il n’y a « aucun obstacle à devenir une figure humaine ».

En ce qui concerne l’affirmation de Mr Addi sur la crispation des algériens vis-à-vis de la laïcité, Mr Soheib Bencheikh (ex imam de la mosquée de Marseille) présent à la conférence soutient que cette crispation est le résultat de la propagande des islamistes alors que pendant la colonisation les oulamas demandaient la séparation de la religion de la politique .A ceci Mr ADDI répond que cette demande ne renfermait pas une aspiration à la laïcité mais plutôt une demande d’immeubles .

Une question sur la « riba » a permis à l’ex gouverneur de la banque d’Algérie d’expliquer la différence entre taux d’intérêt nécessaire pour rattraper l’inflation et l’usure ou taux d’enfer également interdit par la banque .Explication judicieusement admise depuis fort longtemps par les juifs.

Des questions ont également été posées sur le rôle de l’école et la qualité de l’enseignement amputé de l’enseignement de la philosophie source de questionnements et de doutes.

 Faute de temps la dernière question sur la réflexion de Bennabi sur la place de la religion dans la société algérienne a uniquement donné lieu à un bref rappel de sa biographie.

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