Publié par : iferhounene | 28 septembre 2012

Algerie : L`ennemi redoutable est bien la mauvaise gouvernance

Face à l’«ennemi», Alger mise sur l’«unité nationale»

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le 28.09.12 | 10h00 18 réactions

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Face à la menace de l’intervention militaire au Nord-Mali, les politiques multiplient les appels à «l’unité nationale». Quels sont les ressorts de cette réthorique nationaliste ? Décryptage.

Solution politique versus intervention militaire africaine soutenue par la France. Mercredi à l’ONU, le ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a tenté une nouvelle fois de défendre la position du gouvernement, inflexible sur le principe de non-ingérence. Face aux incitations internationales en faveur de l’envoi d’une «force de stabilisation», clairement plus pressantes depuis cet été, les appels à «l’unité nationale» se multiplient dans le discours des politiques, à commencer par le président Bouteflika. «Les jeunes sauront se dresser contre les ennemis du pays et faire face aux instigateurs de la fitna et de la division ou aux velléités d’ingérence étrangère», avait-il déclaré en mai dernier.

La semaine dernière, c’est le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui a appelé à un «front interne fort» capable de protéger le pays contre «des mains malveillantes» qui tenteraient de porter atteinte à l’unité du pays. La menace est-elle réelle ? «Oui, on a raison de s’inquiéter, assure l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi. Nous évoluons dans un environnement, qui, quand il n’est pas hostile, est instable. Et c’est l’Algérie qui supporte toute la charge de l’instabilité dans la région. C’est elle qui paiera les conséquences d’une intervention – présence durable de la Cédéao dans la région, flux migratoire et déplacement des groupes islamistes vers le Nord.» Des frontières sud-est incontrôlables et des relations plus que fraîches avec le Conseil national libyen, des tensions récurrentes avec le Maroc, des groupes islamistes armés au nord du Mali et une menace d’intervention militaire africaine…

Fantôme

«Jamais l’Algérie n’a connu une telle conjonction de risques», souligne pour sa part la politologue Louisa Aït Hamadouche. Alors que cette semaine, Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a elle aussi justifié sa participation aux élections locales de novembre par «la dimension stratégique de défense de l’unité de la nation et de sa souveraineté nationale», un proche de la Présidence estime que cette rhétorique patriotique est nourrie par «la crainte de voir resurgir un vieux fantôme, celui de l’amputation territoriale, proposé par le général de Gaulle en 1961. Depuis la partition du Soudan, notre nouvelle position de ‘‘plus grand pays d’Afrique’’ nous rend extrêmement fragiles, surtout depuis qu’à nos frontières sud, les Touareg ont rompu avec Bamako pour déclarer leur indépendance».

Il y aurait d’ailleurs, pour un spécialiste des questions militaires, «un consensus au sein de l’armée pour limiter la présence militaire en territoire touareg, car il est admis qu’à long terme, cela pourrait avoir des ‘‘conséquences’’.» Le politologue Rachid Tlemçani déclarait dans le même sens hier à l’AFP : «Une explosion dans le Sud provoquerait une déstabilisation du Nord allant même jusqu’au Maroc», avertissant qu’une remise en cause «du principe d’intangibilité des frontières» pourrait entraîner «un risque d’implosion comme en Somalie». Mais au-delà de l’actualité, il existe, pour Louisa Aït Hamadouche, une autre explication à ce positionnement, et elle est d’ordre structurel.

Surenchère

«Cette notion d’unité nationale a été idéologisée et cela remonte à bien avant l’indépendance, à l’époque où le FLN a pris le dessus sur les différents groupes du mouvements national. Cela se justifiait par la nécessité d’être unis face à l’ennemi, la France, rappelle-t-elle. A ce moment-là, on a fait de l’unité nationale un élément sacré, non pas fondé sur le consensus et le contrat social mais sur l’unanimisme. Aujourd’hui, le pouvoir perpétue cette idée selon laquelle, pour ne pas être fragile, il faut être «un». Les partis politiques, eux, ne font que dans la surenchère : à celui qui se montrera le plus nationaliste…» Un ancien cadre de l’armée, désabusé, relève aussi : «Ce régime a toujours fonctionné par la menace. Lorsque la crise kabyle a éclaté en 1980 pour des revendications identitaires très pacifiques, Alger a accusé les Kabyles d’avoir brûlé le drapeau. On convoque toujours le mythe de la désunion faute de projet national.»

Ambition nationale

Une théorie soutenue par Tarek Mira, animateur de L’Initiative pour la refondation démocratique : «Cette vieille partition, le pouvoir l’a déjà jouée avec succès contre l’insurrection du FFS en 1963, parti taxé à dessein de sécessionniste.» Et tous de dénoncer la fragilité de la situation politique actuelle face au chômage, à la corruption, aux inégalités sociales. «Comment préserver la cohésion interne quand il n’existe aucun dialogue avec la société ? Quand aucun parti politique n’est pas capable de mobiliser la population autour d’une ambition nationale ? s’interroge Abdelaziz Rahabi. Quand il n’y a aucun débat sur la politique étrangère ?

Car sur cette question, il y a bien rupture de consensus. Le pouvoir n’a pas soutenu les Tunisiens, ni les Libyens, ni les Egyptiens alors que le pays était favorable à la rue.» Pour Tarek Mira, il ne faudrait pas que les dirigeants oublient une chose essentielle : «Les forces centrifuges, si elles existent, sont dans l’impéritie de la politique interne : l’organisation hyper-administrative de l’Etat, sans efficacité de la puissance publique, la répartition inégale des richesses entre les régions et la négation des particularités.» Des dangers contre lesquels l’Algérie avait, depuis des années, mis en garde Bamako. n

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